23.03.2010

La Suisse se nourrit de son héritage chrétien

Le PEV projette de lancer une initiative populaire sur les fondements chrétiens de notre pays

La Suisse se nourrit de son héritage chrétien

  Le comité central du Parti Evangélique Suisse (PEV) a décidé de préparer une initiative populaire pour ancrer le rôle de l’héritage chrétien dans la Constitution suisse. Le texte est actuellement en consultation avant qu’une Assemblée des délégués du PEV décidersur son lancement définitif.

 Lors de sa réunion vendredi passé à Moutier, le comité central du PEV Suisse a décidé d’élaborer une initiative populaire concrétisant l’art. 72 de la Constitution suisse (Eglise et Etat). Un nouvel alinéa stipulera que la Suisse se nourrit de son héritage chrétien.

 Le PEV s’engage depuis longtemps à ce que l’importance des valeurs et traditions chrétiennes de la Suisse soient explicitement mentionnées dans la Constitution. Les débats concernant la légitimité de certaines traditions chrétiennes sont de plus en plus fréquents. La seule mention du passé chrétien de la Suisse ne suffit pas. Le fait que la Suisse et ses acquis historiques ont été construits sur une base de valeurs chrétiennes doit être explicitement ancré dans la Constitution.

 Le paysage religieux change en Suisse : le christianisme est devenu une religion parmi d’autres. Cette perte d’importance suscite des craintes et se traduit malheureusement en interdits, comme le montre la votation du 29 novembre passé. Le PEV veut contrer cette culture de la peur avec une démarche positive, en ancrant dans la Constitution l’importance de l’héritage chrétien et en légitimant ainsi le rôle du christianisme et les traces de cet héritage. La formulation provisoire « La Suisse se nourrit de son héritage chrétien » indique que cette référence ne s’oriente pas vers le passé, mais que cet héritage nous influence encore aujourd’hui dans nos choix.

La discussion autour du texte définitif n’est pas terminée. Le PEV envisage aussi de proposer un alinéa sur la tolérance qui stipulerait que les églises et communautés religieuses sont tenues de contribuer à une cohabitation pacifique et qu’elles doivent respecter les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit.

Aucun changement n’est prévu quant aux responsabilités respectives des cantons et de la Confédération ou aux libertés de conscience et de croyance (art.15). Il est à noter que les communautés religieuses ressentent souvent comme une lacune qu’aucun vis-à-vis officiel n’existe au niveau national pour discuter les questions qui les concernent. Cette lacune pourrait être comblée si la Constitution définissait clairement que la Confédération maintient des contacts réguliers avec les Eglises et communautés religieuses actives à un niveau national.

Le comité suisse du PEV prévoit de prendre contact avec les autres organes du parti, avec les églises et les organisations proches du PEV pour une procédure de consultation avant de finaliser la formulation.
La décision sur le lancement de l’initiative incombe à l’Assemblée des délégués du PEV Suisse.

 

10.02.2010

Financement de l'avortement

 

En tant que mère de 3 enfants adolescents, employée dans le domaine social et particulièrement engagée en ma qualité de Co-présidente du PEV Genève dans les thématiques touchant aux valeurs, je me sens concernée par le fait qu’aujourd’hui des adolescentes de moins de 16 ans peuvent subir un avortement sans même que le sujet soit abordé avec les parents. Pour ma part, je souhaite que le débat sur cette question revienne dans le cercle familial et que les parents se positionnent en amont avec leurs filles pour déterminer dans quelle mesure un avortement potentiel est envisageable et aurait à être couvert par une assurance complémentaire.

 

Une jeune femme de 23 ans de mes connaissances qui consultait son gynécologue m’a relaté qu’à l’annonce de sa grossesse, le médecin lui avait d’emblée proposé un avortement avant même de savoir si elle désirait cet enfant, ce qui l’a profondément choquée. Pour des raisons éthiques, je trouve important de savoir que je ne cofinancerai pas l’avortement d’autres femmes par le versement de ma prime d’assurance maladie, ce que cet article constitutionnel rendra désormais possible.

 

En ma qualité de représentante du PEV

 

Dans son programme « Points essentiels », le PEV Suisse souligne qu’une consultation compétente et différenciée doit être proposée aux femmes enceintes. Aucune pression ne doit être exercée en cas de crainte d’un handicap de l’enfant pour avorter. Si les parents exigent un diagnostic prénatal, ils doivent être informés au préalable des conflits de conscience qui peuvent en résulter. Si une femme enceinte est dans une situation critique, elle doit être soutenue. Tous ces aspects sont loin d’être réalisés aujourd’hui.

 

Le PEV dans son programme politique prévoit par ailleurs que :

 

        L’interruption de grossesse non indiquée médicalement doit être rayée du catalogue des soins de l’assurance maladie de base.

        Celui qui ne peut concilier la collaboration à un avortement avec sa conscience ne doit pas en subir de préjudices.

 

On le voit, cette initiative s’inscrit ainsi pleinement dans le programme politique du PEV Suisse, qui s’engage pour le respect de la vie humaine, de la conception à la mort.

 

Argumentaire

 

L’avortement est un sujet qui fâche, dans la mesure où c’est un sujet qui touche à l’émotionnel, aux valeurs fondamentales, à des choix de vie. Un certain nombre de femmes considère que l’avortement est un droit au même titre que les droits humains fondamentaux, ce qui justifierait que l’avortement soit pris en charge par l’assurance de base. Cette position est systématiquement prônée dans certains milieux comme position de principe, avant même que la réflexion puisse être enrichie de questions touchant à la vision de la famille, à la parentalité ou encore au sens de la vie.

 

Contrairement à l’assurance de base, qui suppose une solidarité entre assurés jeunes et vieux, sains et malades, l’avortement n’a pas à être supporté de manière solidaire par les autres assurés : il ne s’agit pas d’une maladie.

Concernant le financement de l’avortement, il s’agit de s’attaquer à la question sur un plan privé et personnel : c’est une décision qui appartient à la femme, au couple. La femme doit pouvoir choisir en toute liberté de conscience si elle souhaite souscrire une assurance complémentaire ou non, prendre ses responsabilités en amont et  placer le père devant ses propres responsabilités.

 

Certains argumenteront que l’avortement est moins cher qu’une naissance. Auquel cas il faut arrêter toute la race humaine, qui coûte trop cher !… on le voit, ce raisonnement touche à l’absurde. Les primes d’assurance payées par une personne couvrent largement les frais engendrés par sa naissance. Et avec une population vieillissante qui ne se renouvelle plus suffisamment, la Suisse n’a pas besoin de ces arguments.

 

Encore une fois, il ne s’agit pas d’interdire l’avortement, mais de basculer son coût et sa prise en charge sur l’assurance complémentaire, ce qui permettrait également aux caisses maladie de prévoir un catalogue de prestations spécifiques pour ce type d’interventions.

 

L’intérêt de cette initiative réside finalement dans le fait que chacun aura à se positionner de manière préventive au moment de renouveler son assurance au lieu de décider, le moment venu et sous la pression de l’événement, quoi faire. Ce qui revient à dire que le choix se pose en question de valeurs et de projet de vie au lieu d’être une décision circonstancielle et prise dans la précipitation.

 

Perspectives

 

La thématique de l’avortement met l’accent sur la famille qui ne bénéficie pourtant toujours pas d’une véritable politique. La famille a besoin d’être soutenue en amont des crises et des problèmes qui peuvent la traverser. Mais ceci est un autre débat.

22.09.2008

Genève, 2083

2083, vue du Salève : sur la droite s’étirent les rives du lac, argentées à la lumière du couchant, alors que Genève se présente là, dans la plaine. St-Pierre coiffe toujours la vieille Ville, alors que l’Arve serpente et se jette dans le Rhône tout près des gratte-ciels de la Nouvelle Praille, ce quartier de gratte-ciels érigé dans la première moitié du 21e siècle.

Tout autour s’étend la ville, à perte de vue. Il y a bien longtemps que la campagne a cédé la place aux constructions en tous genres : Genève, étranglée par la demande et sous la pression toujours croissante des milieux immobiliers, a vu s’ériger en quelques décennies des quartiers nouveaux : gratte-ciels, immeubles et lotissements troués ici et là de quelques petits jardins familiaux préservés des pelles mécaniques en direction de ce qui était autrefois la campagne.

Sous la pression immobilière, les agriculteurs ont disparu, également étranglés par la mondialisation et l’importation sans frein de produits acheminés à grand renfort de kérosène, faisant fi des distances et des saisons.

En 2083, les Genevois en quête de ressourcement se rendent dans les seuls espaces de verdure encore existants en France voisine : le Salève et le Jura.  Annecy, Thonon et Nyon sont les nouvelles banlieues de cette grande métropole qui a vu exploser le nombre de ses habitants au-delà des frontières nationales…

Cauchemar ou réalité ? Quelle vision avons-nous de la Genève de demain ? Quelle vision pour l’agriculture, pour l’exploitation du territoire, pour les zones à bâtir et la qualité de vie ?

En tant que candidate à la Constituante, je souhaite m’engager pour la qualité de vie de nos enfants, le respect de la nature comme ressource à administrer avec discernement parce que conscients de la valeur qui nous est confiée.

Je crois qu’une agriculture de proximité doit pouvoir exister à Genève et que des conditions cadre doivent être posées pour l’utilisation du territoire du canton. Défendre le droit au logement tout en préservant l’agriculture et la gestion des espaces verts, c’est le gage du maintien d’une qualité de vie que beaucoup nous envient et qui fait partie du patrimoine que nous avons à préserver pour les générations futures.

 

Valérie Kasteler-Budde

Candidate à la Constituante, Liste No 2